6.11.09

Hier, lorsque je suis arrivée chez moi, il y avait le nouveau canapé.
Bien sûr, il n'était pas déballé, placé dans le salon proche du téléphone et de la table basse.
Il était plutôt debout, à la verticale, emballé dans tellement de centimètres de plastique et de carton que je n'en voyais pas la couleur.
Maintenant, les trois quarts de mon appartement sont recouvert de carton, mais au moins, j'ai un beau canapé.
Avec Hélène, j'ai vissé les pieds (elle me tendait les vis).
Je pourrai m'assoir dessus et y passer le reste de ma vie tellement il est confortable. Comme sur un espèce de bateau.
J'aurais des tubes d'acrylique, et je pendrai jusqu'à recouvrir tous les morceaux de carton qui l'entouraient précédemment.
Je voudrais avoir du temps pour faire ça, je pense que j'en aurai demain, je ferai les portraits des gens que j'aime. Une frise, peut-être.

5.11.09

Ce matin j'ai marché jusqu'à la gare, j'étais encore dans la ville de l'amoureux, il était pas encore sept heures du matin. J'avais du temps devant moi, je n'ai pas couru après le tramway, comme d'habitude, j'ai seulement marché, attendu, et atterri dans le hall de la gare, toujours avant 7h, pour le train de 7h12.
Mais le train n'était pas là, je veux dire, même pas sur le panneau d'affichage.
Je suis allée au guichet, j'ai vu la femme de loin, je savais qu'elle ne serait pas gentille, elle avait un visage frustré, et les cheveux gras.
J'ai demandé, si le train de 7h12 avait disparu, elle m'a répondu sèchement, ouais, on est en grêve.
Le prochain était à 7h42, je suis entrée dans la salle d'attente. Plus qu'une salle d'attente, c'était une salle de sueur, un bain de sueur, une odeur atroce.
J'ai observé mais rien à y faire, c'était bien le seul endroit qui disposait de chaises à dossiers.
Une petite horloge regardait tout le monde. Je l'ai regardé une première fois, et j'ai attendu. 10 minutes plus tard, j'ai regardé à nouveau l'horloge qui n'avait avancé que de 3 minutes, je me suis dis que ce serai long.

Et ce fut long, c'est la rentrée, je ne regarde pas million dollar baby, je regarde une émission sur les prépas, je me dis que j'ai un DS d'éco demain et que moi j'ai du mal à trouver la force d'ouvrir mon classeur. Tandis que dans la télé, ils semblent travailler chaque seconde de chaque journée.

4.11.09

À deux ou trois phrases près, j'ai terminé mon rapport de stage de chez Leg. Non pas que j'ai mis quatre mois à l'écrire et que j'ai pondu une brique de 40 pages, non non, c'est juste, que je m'y suis pris, avant-hier.
Je pense que si je me lève, le canapé gardera à tout jamais quand même, la forme de mes fesses.
Je me suis essoufflée au bout de dix pages de texte. Mais j'ai l'impression que je n'ai fais que 3% du travail que l'on nous demande et qu'en communication visuelle, le rapport de stage doit ressembler aux livres pour enfants "Touche comment la peau du tigre est douce!" avec des pages en fourrure et d'autres en peau de serpent.
Faut que ça communique les enfants. Pour le moment, on nous a demandé le texte brut. Du word. Je n'avais pas ouvert Word depuis des années, on nous a appris à vivre InDesign, j'étais perdue, quand je voulais sauter une ligne il en sautait deux, j'ai cru que Word c'était devenu Koh Lanta.
Et puis bientôt on va expérimenter les pages en fourrure et autres effets incroyables pour que mon rapport de stage se métamorphose en Disney Land.

L'autre jour, avec Jess, je suis passée devant les magnifiques vitres de la serre du jardin des plantes de Grenoble, regardez, on dirait un autre monde emprisonné.

2.11.09

Il a bien fallu se résoudre à ouvrir l'agenda. Enfin c'est une façon de parler car je n'en ai pas. En fait si, j'en ai un, que je trouve beau, un moleskine. J'ai vite cessé d'écrire à l'intérieur, par flemme je crois, et puis j'ai appris à retenir mes devoirs dans ma tête.
Non pas que j'en ai peu, mais je crois qu'ils m'angoissent assez pour que je les retiennent facilement.
J'ai donc repris la direction de corbis.com pour bidouiller une bonne partie de la soirée.
Et puis je me suis rendu compte que la cause de mon angoisse a finalement été plutôt agréable. Même plutôt très agréable, et j'ai retrouvé mes petites mimiques de perfectionniste. Me voilà en train d'ouvrir et de réouvrir mes documents des dizaines de fois.
Je prononce à haute voix les accroches de mes affiches et harcèle Damien pour trouver les mots justes.

Tissu social

Avec Jess, on a fabriqué une structure, avec des bouts de bois qu'elle avait trouvé dans les affaires de son papa, et un drap sale, trouvé dans celles de sa maman.
On a adossé le tout contre un énorme arbre, mais en vérité c'était pas si simple. Il y avait le vent, qui gonflait notre voile et la faisait chavirer, il y avait le choix du lieu, le choix de l'arbre, il devait se trouver le plus près possible d'un chemin, pour que les passants ne puissent pas y échapper, et ainsi être mis en valeur.
Il fallait que je puisse me trouver loin, très loin, pour pouvoir appuyer sur le déclencheur sans faire tourner les visages.
En réalité ça nous a pris du temps.
Mais ensuite nous nous sommes assises dans l'herbe, et nous avons observé. Nous nous sommes mises à prier, prier pour des poussettes, pour des bébés, pour des gros chiens, ou des gros ventres, des gens de couleurs, des mamies courbées. Tout n'est pas arrivé, mais plutôt un bon paquet.
C'est vraiment eux qui ont fait le film de la toile blanche, finalement.
Même si beaucoup d'enfants se sont écriés "Mais c'est nul y'a rien dessus!".