29.11.09

Aujourd'hui je suis allée voir la piscine de Vivien. Jess est passée me prendre en voiture, devant chez Damien, il faut dire que l'immeuble de Damien est en face de l'immeuble de Clément, l'amoureux de Jess. Et quand on est chacune sur le balcon de nos amours respectifs, on peut se faire coucou, ou s'inviter. Quel fou hasard, ces deux nouveaux logements.
Il était midi, la veille, on avait dansé toute la nuit, il était midi, elle m'appelle, me dit, je suis en bas. Je saute dans un pantalon mou et dévale les escaliers. On roule jusqu'à chez ses parents, les parents de Jess habitent juste à côté de chez Vivien, et Vivien habite juste à côté de chez ses grand-parents qui habitent eux-mêmes dans la maison de Stendhal. C'était ça, l'ultime but, la grand-mère.
On a mangé du poisson et des cookies et on a rejoint Vivien dans son jardin, et là, j'ai été genre bluffée totalement par sa piscine. On aurait dit, qu'elle était à la menthe sa piscine.
Merveilleuse, avec son ponton clair qui l'entoure. C'était une piscine qui aurait pu être le personnage principal d'un film qui aurait pu s'appeler Swimming Pool, même si ce film existe déjà et que je l'aime énormément.
Je suis actuellement devant la météo et il pleut à partir de maintenant jusqu'à une durée indéfinie.
Ensuite, je vous parlerai des images prises avec la grand-mère de Vivien. Bonjour, je travaille sur les crimes, Jess allonge-toi, tu es la morte, madame, vous la jetez dans l'étang?

28.11.09

Je me couche très souvent le soir en pensant au petit déjeuner tellement j'aime manger. Parfois même, je me couche plus tôt pour arriver au matin et avoir le droit de manger mes céréales ramollies dans mon lait. Et lorsque je n'arrive pas à m'endormir, je me dis allez, si tu t'endors, le matin et son petit déjeuner seront là dans une seconde seulement, car le temps n'existe pas dans le sommeil.
Le nombre de jours avant de me faire dessiner sur la peau est vraiment petit. Je commence à avoir un peu peur.

27.11.09

Et bien la réponse d'orange est tombée!
"Ton téléphone, on le fabrique plus, il est trop vieux, il a au moins 3 ans t'as vu, du coup, à la place on te propose un putain de blackberry qui déchire tout avec clavier azerty comme tu aimes et un écran de dingue, ça te va?"

J'ai trop peur des représailles pour raconter ici, à quel point il est facile de se faire remplacer son vieux téléphone qui n'a plus aucune garantie, l'écran en vrac, et auquel il manque au minimum 3 touches, tout ça en bonne et due forme, avec une petite pirouette et quelques dizaines de minutes de téléphone avec les dames du service réparation de chez Orange.
Le pire c'est que pour une fois, je n'ai rien fait d'interdit. J'ai pas gommé des choses étranges, modifié des dates, même si maman m'a moulte fois enseigné les joyeuses tactiques de la vie.

25.11.09

J'adore ces journées où on découvre un truc tellement bête qu'on a honte et que dans notre tête on se dit "AH MAIS OUAIS PUTA*N!". On a envie d'halluciner avec nos yeux et faire des gestes dans tous les sens tellement la vie devient logique, mais on peut pas, car il y a au moins 5 personnes autour de nous qui savaient déjà la chose depuis qu'ils ont 6 ans et demi.
Ça m'est arrivé le jour où j'ai appris que le logo de Carrefour formait un C dans le blanc alors qu'avant je ne voyais que 2 formes rouge et bleue, et également le jour où j'ai compris que les ficelles qui m'embêtaient dans les tee-shirt servaient à mieux les maintenir sur les cintres.

Pour celle qui a souhaité me voir en tenue de maillot de bain + collants, l'image est un début, je regardais Lou laver des livres dans un saladier, avec tata derrière l'appareil.


Mon ancien professeur de math de lycée, fervent lecteur (et correcteur) de ce blog, vient même de m'annoncer qu'il existait un groupe facebook pour ça!


Le cauchemar

Je suis totalement tétanisée. Mon réveil sonne dans une bonne heure, mas je ne peux pas rester une seconde de plus sans allumer toutes les lumières de mon appartement.
Les cauchemars sont revenus,
cette fois-ci c'est un matin, il fait beau, il est tout juste 7h, je viens de me lever. J'ai l'impression que c'est vraiment en temps réel. Il fait déjà bien soleil, quelqu'un sonne à ma porte.
J'ouvre sans regarder par l'œilleton, car il fait soleil, et que c'est le matin, et que je ne regarde jamais par l'œilleton, de toutes façons. Je pense que la cause du cauchemars est là, l'œilleton inutilisé. Mes parents m'ont toujours dis de m'en servir.
De l'autre côté de la porte, un homme, la quarantaine, pas franchement joli, mais une allure de papa, le visage un peu rond, il sourit, dit qu'il est un voisin d'un étage en dessous.
Je ne connais pas le motif de sa venue mais je l'invite. Il entre, je fais des choses, comme m'habiller, me préparer, il me raconte des choses, des histoires, sa vie, il me semble. Il a l'air cultivé.
Puis je lui dis que je vais prendre mon petit déjeuner. Et qu'ensuite, je devrais partir pour 8h. Il n'y voit pas d'inconvénient et me demande la moitié de chacune de mes tartines de beurre.
À la dernière tartine, je lui dis qu'il va bientôt devoir retourner chez lui, très gentiment, mais seulement pour l'alerter de l'heure qui avance.
Il fait signe de ne pas m'entendre, demande une dernière tartine, et là, soudain, j'ai le sentiment très clair, qu'il ne compte finalement peut-être pas partir.
Je finis les tartines extrêmement crispée, mais je sais, je connais la suite. Je finis les tartines, je lui ordonne de sortir, il me dit qu'il aimerait bien rester encore. Je lui dis que je dois partir à l'école, j'ouvre la porte et le pousse à l'extérieur, et je le vois encore, revenir, m'agrippant par le cou en agitant mon trousseau de clé. Quand j'ai vu qu'il avait mes clés dans la main, je me suis suis sentie totalement perdue.
J'ai hurlé, tout en me disant que dans une situation pareil, je ne sais pas si je parviendrai à hurler. J'ai hurlé en regardant une dernière fois la porte des voisins, que je sais endormis à cette heure. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'hurlais que le mot "Dix-huit ans!", alors que ce n'est même plus mon âge.
Ça a été la dernière chose avant qu'il ne me force à rentrer une bonne fois pour toute, avec lui, chez moi. Je me suis réveillée avant la suite, à cause d'une peur beaucoup trop grande.

24.11.09

Voici la seconde image de Gilles. Après mure réflexion, j'avais préféré conserver la première publiée ici, mais je vous montre celle-ci suite à de nombreuses demandes. Mon opinion peut aussi changer assez facilement, je me connais.
Je viens de finir le devoir d'AVA. Je n'ai jamais su ce que signifie AVA, mais cette année, c'est histoire de l'art contemporain. La prof ressemble à une skieuse, le genre de skieuse que l'on illustre sur les panneaux mis sur les pistes de ski, où l'on voit que si l'on va trop vite, on risque de se retrouver enroulé dans le filet qui sépare la piste, de la crevasse.
Je suis sur le canapé, maintenant je vais faire mon petit sport devant les experts, en faisant un espèce de mouvement de ciseaux avec mes jambes, comme ces filles dans les cassettes vhs, avec un maillot de bain une pièce rose porté sur un collant turquoise, et un chouchou sur le sommet de la tête. Et comme ça, un jour j'aurai des jambes de Cameron Diaz.

23.11.09

Aujourd'hui, une femme m'a dit que je n'avais pas de politesse dans la bouche, ou quelque chose d'aussi peu français, lancé par énervement. J'avais juste, pas fais exprès, et m'étais pourtant empressée de m'excuser. Je lui ai dis que je ne pouvais rien faire de plus, que de m'excuser.
Elle a dit ça et ensuite sa phrase s'est accrochée dans ma tête comme si j'avais vécu quelque chose de terrible, comme si on m'avait dit le pire des reproches.
Je suis entrée dans Monoprix pour acheter des collants et je me suis retrouvée à l'étage des fruits et légumes, perdue dans ma tête, et je ne pensais qu'à sa phrase.
Car je crois que je suis la plus gentille du monde avec les inconnus, les inconnus de la rue, les inconnus du métro, ceux à qui on laisse sa place, ceux qu'on aide à faire des choses minuscules, ceux pour qui j'achète des choses à manger.
Le prof de philo a dit que de toutes façons, chaque geste gentil n'était fait que dans le but d'une satisfaction personnelle. Je pense que c'est sans doute vrai, et puis tant pis après tout, les gentils vivent plus longtemps qu'ils disent à la télé.

Sur l'image, ce n'est pas moi, c'est ma maman.

22.11.09

20.11.09

Dans quelques minutes, j'irai jusqu'à Bellecour rejoindre un garçon, qui souhaite m'acheter des bottes. Des bottes de femme, bien sûr.
J'avais déjà été très surprise de recevoir son mail qui ressemblait à "Je veux vos bottes! Valentin."
Je trouve ça si drôle qu'il vienne seul, il m'a mis la pression il veut les offrir à sa copine samedi. Bon, on se voit quand alors.
Il y a donc vraiment des garçons qui tapent "bottes cuir femme T.39" sur ebay?
C'est chouette, ça me donne presque envie de lui faire le papier cadeau tiens.

19.11.09

On était jeudi, je savais qu'il viendrait. Il me l'avais dit, depuis mon vendredi soir de déception. Il m'avait dit "Jeudi, je viens cash." C'était ça, la phrase, je m'en souviens parfaitement.
Je suis sortie de l'école, après que la nuit soit tombée, comme chaque soir.
J'étais avec Lilian, on a traversé la place des Terreaux, comme chaque soir; pour regagner le métro, devant l'opéra. J'ai aimé ce moment où l'on avançait dans la rue, Lilian a vu des gens avec des gobelets de vin, on s'est un peu baladé pour savoir d'où venaient les verres, c'était un peu comme noël.
On a rien trouvé, mais on marchait sur les pavés, paisiblement, il faisait froid, nuit, j'étais bien car je savais qu'il allait venir, ce soir. J'étais paisible, oui, je savais que j'avais un peu de temps, beaucoup de temps, mes jambes.
Lilian a fini par s'engouffrer dans une bouche de métro, un peu plus loin, et moi j'ai continué à marcher. J'avais envie d'acheter de la lingerie, pour la mettre en rentrant, la porter sous mon peignoir, pour me sentir belle dans ses yeux.
De la lingerie à deux francs six sous, pas de la lingerie qui ressemble au mot lingerie, qui est très chic. Plutôt juste quelque chose de mignon, de bon marché, de neuf, de quasiment jamais porté, sauf en cabine d'essayage.
Je l'ai choisi violette. Je voulais de la couleur, j'avais envie de couleur.


Sur l'image, c'est mon papa.
C'est terrible car je ne fais que de rêver de viol.
Il faut que je l'écrive, ça a remplit ma nuit.
Hier midi Faustine était venue manger chez moi, du riz au curry, juste avant la biennale, on était arrivée en retard.
Cette nuit, je nous revois chez moi, toutes les deux, on décide de descendre à la boîte aux lettres, je ne me souviens plus de la raison précise mais le riz cuit et on se dit qu'on pourrait en profiter pour aller voir la boîte aux lettres. On descend les quatre étages, en laissant ma porte ouverte, comme je fais toujours. En la fermant, mais pas à clé, pas le verrou.
On prend l'ascenseur, l'ascenseur se bloque, aux rez-de-chaussée, devient extrêmement sombre, et le plafond vibre si fort que j'ai l'impression qu'il va tomber sur nous avec tout le mécanisme. Je n'ose pas regarder Faustine tant je me doute de son état de catastrophe, j'appuie sur tous les boutons, aucune alarme ne se déclenche.
Faustine hurle alors que la solution est de se couper une jambe. Je ne me souviens pas précisément pourquoi, mais je crois que c'est pour s'échapper en passant plus facilement par une trappe.
Elle le répète en secouant mes épaules, je ne vois plus rien tellement je pleure d'angoisse. Je finis par donner un gros coup dans la porte de l'ascenseur qui cède. On sort en courant, dans le hall de mon immeuble, et on tombe sur deux jeunes hommes, très menaçants, qui nous promettent de nous violer.
On remonte les étages, je crois que je suis encore plus angoissée que dans l'ascenseur bloqué, ils sont derrière nous, je les entends. On monte, cinq par cinq, les marches. On atteint ma porte, on entre à l'intérieur, on referme la porte et on se rue sur le verrou, que l'on ferme, à double tour cette fois-ci.
Et c'est à ce moment là que je sens une présence, derrière moi, quelqu'un qui se colle contre mon dos. Faustine est à ma gauche, on est encore face à la porte, on se retourne et deux autres hommes sont là. Ils sont entrés pendant que l'on était en bas, pendant que l'on avait laissé le verrou ouvert. Je ne suis pas réellement capable de raconter la suite.
Je me rends compte maintenant, qu'inconsciemment, je dois avoir peur que quelqu'un entre chez moi lorsque je descends les poubelles, et laisse la porte ouverte.
Je me dis toujours, que c'est pour seulement quelques secondes, mais mon cœur doit sans doute battre imperceptiblement plus vite que d'habitude, dans ces moments là.

18.11.09

À la télé, une vieille femme vient de dire:
"Il aurait allé au bout du monde pour elle et même qu'au bout du monde il aurait d'mandé pour aller encore plus loin pour elle!"
Cet après-midi, j'étais à la Sucrière, pour la biennale d'art contemporain.
Et bien sûr il y avait cette table. Je l'attendais, j'en avais entendu parler, moi aussi je voulais MON livre "Volez ce livre". Et bien sûr, il y avait la gardienne. Celle qui était assise juste devant la table, qui la fixait, immobile, qui était payée pour ne jamais aller faire pipi.
Avec Lilian, on a commencé par tâter le terrain. On s'est approché, délicatement, il a penché sa main sous ses yeux et s'est emparé d'un des livres, pour le feuilleter.
Elle a hurlé "ON NE TOUCHE PAS À UNE ŒUVRE."
Puis il est allé sur le balcon, derrière elle, et a quasiment menacé de se jeter dans le vide afin qu'elle se retourne et ne me voit pas voler l'objet tant convoité, en vain.
Puis Camille est arrivée, elle a pris un livre, pour le feuilleter, et tandis que la gardienne lui répétait le même sermon qu'à Lilian, un illustre inconnu s'emparait d'un ouvrage, en toute discrétion.
C'en était trop. Il était temps de passer au vol à l'étalage pur et dur, à la course dans les escaliers et à la fuite de winner. On en avait assez de roder, vulnérables, et de recevoir les remontrances de cette bonne femme. On voulait de l'action, on voulait voir jusqu'où pouvait aller l'œuvre, on voulait du vol organisé, des poulies qui descendent du plafond ou des cannes à pêche géantes.
Nous nous sommes emparées du livre, sous les yeux de la gardienne, nous nous sommes retournées et avons fait mine de nous échapper à grandes enjambées.
Elle a hurlé. "MESDEMOISELLES! REVENEZ LÀ TOUT DE SUITE!" Et là, telle une looseuse, je me suis imaginé au poste de police, avec une plainte sur le dos, j'avais l'impression d'être en train de voler la Joconde alors que cette femme avait été entraînée pour hurler de cette manière. Il fallait résister, courir, alors que moi je suis revenue comme un petit lapin.
Ça paraît pourtant si simple, de se dire que ces gardiens sont ici pour jouer la comédie, et que le but de l'œuvre est de se faire voler, d'une façon ou d'une autre, mais c'est fichtrement difficile, en vérité.

17.11.09

Ce sont mes petites peintures sur la chasse.
J'aurais dû les prendre en photo sur le mur blanc de la salle de classe, disposées au hasard.
Mais comme j'ai totalement oublié, je me contente de la clé glissée dans la serrure de mon placard à culottes, pour maintenir les cadres en l'air.
Tout est fait à l'acrylique, assise sur le parquet de mon salon.
Hélène vient de sortir de chez moi avec un énorme sac plastique qui faisait la moitié de son corps, rempli de tous les vêtements dont je souhaitais me débarrasser.
C'est vrai qu'elle ressemblait un peu à une fille qui ballade ses pulls dans le but de trouver un banc où passer la nuit.


Il me manque beaucoup, beaucoup, beaucoup.

16.11.09

Lorsque je suis sortie de l'ascenseur, ma propriétaire était là.
Ma propriétaire n'est pas du genre à venir me harceler pour le loyer ou mes factures, qu'elle paye d'ailleurs elle même avant de me demander de la rembourser "quand ça m'arrange".
Ma propriétaire n'est jamais loin, elle est juste derrière le mur, je l'entends parfois mais vraiment peu. Mon appartement était autrefois une partie du sien, qu'elle a ensuite coupé en deux avec un gros mur.
Enfin sa partie à elle fait tout de même plusieurs fois ma partie à moi.
Je pense qu'il devait déjà y avoir deux portes sur le palier pour accéder à son appartement.
On partage donc l'étage avec mon futur dentiste, en face, avec sa plaque en or. Toujours en vacances quand j'ai mal à ma prémolaire.
Quand je suis sortie de l'ascenseur, ma propriétaire était là, elle réapprenait à marcher, dans l'escalier, avec un jeune homme. Au début je n'ai pas compris, et puis elle était tout de même debout, mince. Je réapprends à marcher. Après je ne savais plus vraiment quoi dire.
J'ai dis que je trouvais ça super et ensuite j'ai passé deux heures à remettre en question chacun des mots de ma phrase.

Si vous cliquez sur l'image, vous verrez nos faces en maxi.

15.11.09

Ce matin j'ai tout nettoyé, et ensuite j'ai nettoyé mes pieds. J'ai vidé mon armoire de robes par terre, j'en ai compté 42 et j'ai mis toutes celles que je ne mets plus dans un sac. Il m'en reste beaucoup moins, et ça fait du bien de pouvoir observer du vide, et des piles moins allongées.
J'ai maintenant trois immenses sacs de vêtements dans mon hall d'entrée, si une Lyonnaise souhaite venir me cambrioler, elle n'a qu'à sonner.
Je ne sais pas quoi faire de tout ça. Je n'arrive pas à m'en débarrasser.
Mes chaussures ressemblent à une armée, elle prennent la moitié de l'alcôve qui me sert de chambre, en général, elles s'allongent et recouvrent mon salon, mais c'est lorsque je les aligne qu'elles sont le plus terrifiantes.
Les œufs sont en train de bouillir, ensuite j'irai marcher jusqu'au musée des Beaux Arts, je pense que ça me donnera envie de peindre.

14.11.09

coulisses

Aujourd'hui, je vais à un endroit où des monsieurs font des dessins sur les gens.

Et bien c'est fait. Enfin pas vraiment FAIT.
On m'a pas encore enfoncé des aiguilles dans la peau pendant 60 minutes.
J'y suis allée avec la copine Hélène car j'avais peur que tout soit noir du sol au plafond avec des monsieurs recouverts de dessins et de boucles d'oreilles sur tout le corps qui te parlent de dragons.
Finalement tout le monde était gentil, j'ai sorti ma petite feuille avec mon dessin, qu'ils ont aimé, ils m'ont dit que mon papa et ma maman seraient pas contents, j'ai dit qu'avec ma maman ce serait plus facile puisque le bas de son dos est dessiné depuis déjà quelques années.
Ils ont sorti l'agenda et je me suis demandé si j'allais commencer à avoir mal au ventre dès maintenant où si j'allais avoir de la marge.
Finalement c'est pour le 8 décembre. Disons que ça ne m'obsèdera pas avant deux petites semaines. Au fond, on entendait des bruits de machine de dentiste mais ce n'était pas une machine de dentiste.

13.11.09

Mes péripéties de ce matin.

À 10h du matin j'étais devant la LMDE.
10h, c'est déjà pas mal, m'étant couchée à 5h, c'était finalement quasiment le milieu de ma nuit.
Enfin plutôt DEVANT la LMDE, sur le trottoir quoi, derrière à peu près une soixantaine de personnes...
Ça avait ouvert à 9h15, c'est à dire seulement 45 minutes avant que j'arrive, et quand j'arrive, à 10h, une femme me dit "Vous devriez repartir, on voulait fermer dès maintenant car au vus du nombre de personnes qui attendent déjà, ça va nous prendre jusqu'à midi."
EN FAIT, l'agence n'ouvre que environ 1h, le temps de remplir les locaux de gens, et ensuite ils ferment, deux heures avant l'heure de fermeture, car ils savent qu'ils ont déjà assez de personnes pour être occupés jusqu'à midi!
HALLUCINANT.
Je parlais à une fille sur le trottoir qui me disait que ça faisait un mois qu'elle essayait de venir pour récupérer une carte et qu'elle y arrivait PAS.

Bon ben du coup j'ai repris le tram directement la CAF.
Et là on m'a donné un petit papier avec écrit 186 dessus et sur le tableau numérique des nombres qui défilent pour appeler les personnes, y'avait écrit 145.
J'ai attendu, genre une heure je pense, puis j'ai été gracieusement accueillie au guichet et la dame m'a dit "Bah oui dis donc si tu reçois pas tes APL c'est pas qu'on t'aime pas, c'est juste qu'on a pas eu ton bail de cette année!"
Alors là j'ai sorti mon bail de mon sac, triomphante, et elle l'a photocopié, et elle a écrit dessus "A REGULARISER JESSICA LISSE A REPRIS SON APPARTEMENT LE 31 AOUT!"
En gros, elle m'a dit que j'aurai mes sous dans environ un mois sans compter les mois de retard.

Puis je suis rentrée chez moi, arrivée à 12h30.
J'ai appelé Orange. Après quinze minutes de musique de téléphone et de dames qui me passaient d'autres dames qui s'amusent à me faire explorer les différents services de chez Orange,
J'ai enfin eu le graal, les gens du service ASSURANCE.
Là, la fille me pose plein de questions, je dis qu'un sale gosse m'a foncé dessus en pleine rue et que mon téléphone est tombé de ma main et BAM, éclaté par terre,
il manque deux touches, l'écran est cassé.
Elle me dit "PAS DE SOUCIS T'AS UNE ASSURANCE À 6 EUROS PAR MOIS (depuis seulement une semaine quelle coïncidence merveilleuse) DONC C'EST PARFAIT! Tu auras un nouveau joujou dans 10 jours."

12.11.09

Je tente d'appeler Orange depuis au moins quinze minutes, lorsque quelqu'un me répond enfin, après neuf belles minutes de musique répétitive, il fait une fausse manip, et raccroche.
Le téléphone est posé sur l'accoudoir du canapé, je mange des galettes de maïs en priant pour enfin entendre un "allo". J'ai mis le son du téléphone au maximum, je ne connais pas la touche qui active le haut-parleur. Ça arrive.
Peut-être que je ferais mieux de les rappeler au beau milieu de la nuit, il paraît que le service est ouvert 24h/24, il y aurait sans doute moins de monde.
Mais bon, déjà que je compte tenter de les arnaquer de plusieurs centaines d'euros, je préfère le faire à une heure décente.
Une femme vient de me répondre, elle servait de transition entre mon téléphone et le service des assurances. Elle m'a parlé dix secondes et a appuyé sur un bouton qui a redéclenché la lancinante musique. Je suis donc quelque part dans l'espace entre cette femme et le service assurance. Peut-être que je ne suis même pas en France.
J'entends une voix sur mon accoudoir, finalement c'est encore elle. Le service assurance a d'autres chats à fouetter et je dois rappeler demain matin.
Finalement c'est peut-être eux, qui vont m'arnaquer de plusieurs centaines d'euros.

Sur l'image, c'est de nouveau Jess, triant ses armes, dans la chambre d'Isèle.

et voici une des deux fuites

Ce matin, je suis bien, je me suis réveillée, j'ai mangé deux biscottes avec la merveilleuse confiture de coings de Gilles et j'ai lavé mes cheveux. Il y a des jours comme ça, où on a envie de porter une robe.

Sur cette image, Jess sort par le velux de sa chambre qui était dans la photo du précédent article.

11.11.09

J'ai passé la journée avec Jess, chez Isèle, sa tante. Elle loge là-bas, et heureusement, parce que c'est vraiment somptueux.
Elle dort dans cette petite chambre, dans ce petit lit, juste en dessous de ce petit velux, par où elle s'échappe aussi, parfois, grâce à une échelle bien placée.
Il faut juste qu'Isèle soit absente. Aujourd'hui, elle était partie manger avec des copines, et se balader pour profiter du soleil.
Nous on s'est dit qu'on ferait bien de profiter du soleil aussi, et on a sorti l'échelle.
Le toit est immense, plat, des dizaines de cheminées dépassent à droite à gauche. On a monté une télé, un ours en peluche, et un tabouret, et on a fait des photos.
Deux où elle prend la fuite, et deux où elle prépare ses couteaux. Ses couteaux pour son futur meurtre quoi.

10.11.09

J'ai rêvé, cauchemardé, qu'il arrivait quelque chose à Yoann, mon cousin. Je n'arrive même pas à l'écrire tellement c'était moche et violent. Maman était dans la salle de bain et le bruit du sèche-cheveux couvrait celui de l'agression.
Moi j'étais avec lui et on était vraiment tous violents comme des lions, ça se passait dans la chambre de maman, je ne sais pas pourquoi. Je ressentais presque les coups.
Mais ça s'est très mal fini.
Sur l'image, c'est Jess, qui me dit un secret, c'était avec tata, on avait fait toute une séance de photos dans une cité, il y avait des garçons partout, nous on devait faire des choses étranges.
J'avais encore les cheveux très clairs.
Demain il n'y a pas d'école, c'est le jour de la guerre, je ne sais pas de quoi sera composé ma journée. Et j'adore ne pas savoir.

9.11.09

Sur Belle toute nue ils disent
Aujourd'hui Mélodie a compris que sa poitrine ne devait plus diriger sa vie.
Je me dis que moi, c'est pas demain la veille que ma poitrine risque de diriger ma vie.
Hier, c'était le repas d'anniversaire de Damien, on mangeait autour d'une belle table, on avait chacun deux verres, une maman avait fait de merveilleux plats. On a tous les deux des chouettes familles.
Et puis il y a avait des cadeaux qui dégringolaient, des frères, des sœurs, je me suis souvent demandé pendant mon adolescence, comment ça se passerai le jour où je serai amenée à devoir m'intégrer dans une nouvelle famille.
Je n'avais jusqu'à maintenant jamais rencontré de papa, ni de maman, je veux dire, avant Damien, et je n'avais jamais vraiment fait rencontrer les miens à quiconque.
Je crois que ce qui me fait peur c'est de montrer quelque chose que j'aime, à des personnes que j'aime.

7.11.09

Je compte mettre en vente ce pull trop mignon d'ici peu, sur différents sites bien connus.
Alors si l'une de vous est intéressée, je vous encourage à m'envoyer un mail à cette adresse wimins@hotmail.fr, ou à me laisser un commentaire.
Il faudra discuter d'un petit prix.
Je l'adore mais je ne le mets pas, sans savoir pourquoi, je me fais souvent la réflexion.
Je pense qu'il y a des choses comme ça, qu'on trouve hyper belles à regarder, et c'est tout :)
J'ai besoin de place, donc j'écrème!

6.11.09

Le week-end est là, présent, je le respire, ce début de week-end, ces heures qui n'ont plus de fin, cette nuit qui va pouvoir s'étirer. J'adore lire 18h54 et ne même pas réussir à calculer le nombre d'heures que j'ai devant pour faire tout ce que je souhaite.
Peindre, faire des choses, sortir, boire des choses, rentrer, décider de m'épiler, ou manger de la purée. Ne pas vraiment réfléchir à l'horloge.
Je suis dans la purée en ce moment. De la purée au beurre, au gruyère, de la purée aux petits oignons. Comme je suis toute seule, finir ma boîte de mousseline me prend de nombreux jours. Je suis plutôt du genre exclusive avec les aliments. Lorsque je me prends d'adoration pour un produit, je ne vais manger quasiment que ça, pendant des jours et des jours, jusqu'à finir le paquet ou être prise de dégoût.
Disons que je varie les choses dans un espace temps plus long, mais si l'on fait une moyenne à l'année, je mange sans doute équilibré.
Hier, lorsque je suis arrivée chez moi, il y avait le nouveau canapé.
Bien sûr, il n'était pas déballé, placé dans le salon proche du téléphone et de la table basse.
Il était plutôt debout, à la verticale, emballé dans tellement de centimètres de plastique et de carton que je n'en voyais pas la couleur.
Maintenant, les trois quarts de mon appartement sont recouvert de carton, mais au moins, j'ai un beau canapé.
Avec Hélène, j'ai vissé les pieds (elle me tendait les vis).
Je pourrai m'assoir dessus et y passer le reste de ma vie tellement il est confortable. Comme sur un espèce de bateau.
J'aurais des tubes d'acrylique, et je pendrai jusqu'à recouvrir tous les morceaux de carton qui l'entouraient précédemment.
Je voudrais avoir du temps pour faire ça, je pense que j'en aurai demain, je ferai les portraits des gens que j'aime. Une frise, peut-être.

5.11.09

Ce matin j'ai marché jusqu'à la gare, j'étais encore dans la ville de l'amoureux, il était pas encore sept heures du matin. J'avais du temps devant moi, je n'ai pas couru après le tramway, comme d'habitude, j'ai seulement marché, attendu, et atterri dans le hall de la gare, toujours avant 7h, pour le train de 7h12.
Mais le train n'était pas là, je veux dire, même pas sur le panneau d'affichage.
Je suis allée au guichet, j'ai vu la femme de loin, je savais qu'elle ne serait pas gentille, elle avait un visage frustré, et les cheveux gras.
J'ai demandé, si le train de 7h12 avait disparu, elle m'a répondu sèchement, ouais, on est en grêve.
Le prochain était à 7h42, je suis entrée dans la salle d'attente. Plus qu'une salle d'attente, c'était une salle de sueur, un bain de sueur, une odeur atroce.
J'ai observé mais rien à y faire, c'était bien le seul endroit qui disposait de chaises à dossiers.
Une petite horloge regardait tout le monde. Je l'ai regardé une première fois, et j'ai attendu. 10 minutes plus tard, j'ai regardé à nouveau l'horloge qui n'avait avancé que de 3 minutes, je me suis dis que ce serai long.

Et ce fut long, c'est la rentrée, je ne regarde pas million dollar baby, je regarde une émission sur les prépas, je me dis que j'ai un DS d'éco demain et que moi j'ai du mal à trouver la force d'ouvrir mon classeur. Tandis que dans la télé, ils semblent travailler chaque seconde de chaque journée.

4.11.09

À deux ou trois phrases près, j'ai terminé mon rapport de stage de chez Leg. Non pas que j'ai mis quatre mois à l'écrire et que j'ai pondu une brique de 40 pages, non non, c'est juste, que je m'y suis pris, avant-hier.
Je pense que si je me lève, le canapé gardera à tout jamais quand même, la forme de mes fesses.
Je me suis essoufflée au bout de dix pages de texte. Mais j'ai l'impression que je n'ai fais que 3% du travail que l'on nous demande et qu'en communication visuelle, le rapport de stage doit ressembler aux livres pour enfants "Touche comment la peau du tigre est douce!" avec des pages en fourrure et d'autres en peau de serpent.
Faut que ça communique les enfants. Pour le moment, on nous a demandé le texte brut. Du word. Je n'avais pas ouvert Word depuis des années, on nous a appris à vivre InDesign, j'étais perdue, quand je voulais sauter une ligne il en sautait deux, j'ai cru que Word c'était devenu Koh Lanta.
Et puis bientôt on va expérimenter les pages en fourrure et autres effets incroyables pour que mon rapport de stage se métamorphose en Disney Land.

L'autre jour, avec Jess, je suis passée devant les magnifiques vitres de la serre du jardin des plantes de Grenoble, regardez, on dirait un autre monde emprisonné.

2.11.09

Il a bien fallu se résoudre à ouvrir l'agenda. Enfin c'est une façon de parler car je n'en ai pas. En fait si, j'en ai un, que je trouve beau, un moleskine. J'ai vite cessé d'écrire à l'intérieur, par flemme je crois, et puis j'ai appris à retenir mes devoirs dans ma tête.
Non pas que j'en ai peu, mais je crois qu'ils m'angoissent assez pour que je les retiennent facilement.
J'ai donc repris la direction de corbis.com pour bidouiller une bonne partie de la soirée.
Et puis je me suis rendu compte que la cause de mon angoisse a finalement été plutôt agréable. Même plutôt très agréable, et j'ai retrouvé mes petites mimiques de perfectionniste. Me voilà en train d'ouvrir et de réouvrir mes documents des dizaines de fois.
Je prononce à haute voix les accroches de mes affiches et harcèle Damien pour trouver les mots justes.

Tissu social

Avec Jess, on a fabriqué une structure, avec des bouts de bois qu'elle avait trouvé dans les affaires de son papa, et un drap sale, trouvé dans celles de sa maman.
On a adossé le tout contre un énorme arbre, mais en vérité c'était pas si simple. Il y avait le vent, qui gonflait notre voile et la faisait chavirer, il y avait le choix du lieu, le choix de l'arbre, il devait se trouver le plus près possible d'un chemin, pour que les passants ne puissent pas y échapper, et ainsi être mis en valeur.
Il fallait que je puisse me trouver loin, très loin, pour pouvoir appuyer sur le déclencheur sans faire tourner les visages.
En réalité ça nous a pris du temps.
Mais ensuite nous nous sommes assises dans l'herbe, et nous avons observé. Nous nous sommes mises à prier, prier pour des poussettes, pour des bébés, pour des gros chiens, ou des gros ventres, des gens de couleurs, des mamies courbées. Tout n'est pas arrivé, mais plutôt un bon paquet.
C'est vraiment eux qui ont fait le film de la toile blanche, finalement.
Même si beaucoup d'enfants se sont écriés "Mais c'est nul y'a rien dessus!".